La gestion des dépenses professionnelles constitue un axe central pour tout entrepreneur ou dirigeant soucieux de la performance et de l'optimisation fiscale de son activité. Parmi ces dépenses, celles liées au blanchissage peuvent sembler mineures, mais elles soulèvent des interrogations récurrentes, en particulier pour les professionnels relevant des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Alors que l'année 2025 est derrière nous, penchons-nous sur les conditions et les modalités de déduction des frais de blanchissage, un sujet où la rigueur et la justification sont les maîtres mots.

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Comprendre les frais de blanchissage en BNC

Les frais de blanchissage concernent le nettoyage de vêtements spécifiquement portés dans le cadre d'une activité professionnelle. Il ne s'agit pas de l'entretien des tenues du quotidien, mais bien de parures ou d'uniformes dont le port est intrinsèquement lié à l'exercice de la profession. On pense, par exemple, aux blouses des professionnels de santé, aux tenues de certains artisans ou aux vêtements de protection. La question de leur déduction fiscale se pose avec une acuité particulière, nécessitant une analyse précise du cadre fiscal.

Le contexte fiscal des BNC : Micro-BNC ou Déclaration Contrôlée ?

Avant d'aborder les conditions de déduction, il est essentiel de rappeler les deux régimes d'imposition principaux des BNC. Les professionnels relevant du régime micro-BNC bénéficient d'un abattement forfaitaire de 34 % sur leur chiffre d'affaires. Cet abattement est censé couvrir l'ensemble de leurs dépenses professionnelles, y compris les frais de blanchissage. Dans ce cas, il n'est donc pas possible de déduire ces frais pour leur montant réel. En revanche, pour les professionnels ayant opté pour la déclaration contrôlée ou y étant contraints par le niveau de leurs recettes, la déduction des dépenses pour leur montant réel est envisageable et devient pertinente. C'est sur ce régime que nous concentrons notre analyse pour la déduction de vos frais de blanchissage 2025.

Les conditions de déduction pour les professionnels en Déclaration Contrôlée

Pour qu'un frais de blanchissage soit admis en déduction des Bénéfices Non Commerciaux, certaines conditions strictes doivent être remplies, qui visent à distinguer clairement la sphère professionnelle de la sphère personnelle.

Une nécessité professionnelle avérée

Le critère fondamental est la nécessité directe et exclusive pour l'exercice de l'activité professionnelle. Le vêtement entretenu doit être indispensable à la pratique de la profession. Il s'agit généralement de tenues spécifiques, de vêtements de travail ou d'uniformes qui ne peuvent être portés en dehors du cadre professionnel. L'administration fiscale se montre vigilante sur ce point et exige une justification solide du lien entre la dépense et l'activité génératrice de revenus. Une simple préférence personnelle pour un type de vêtement ne suffira pas.

Le caractère habituel de l'habillement professionnel

L'habillement concerné doit être distinct des vêtements courants. Il doit s'agir d'une tenue qui s'use spécifiquement et plus rapidement en raison de l'activité exercée, ou d'une tenue exigée par la profession elle-même (par exemple, pour des raisons d'hygiène ou de sécurité). Les frais d'entretien de costumes ou de tailleurs, même s'ils sont portés pour l'activité, sont généralement considérés comme des dépenses personnelles, car ils peuvent être portés dans la vie courante. La distinction est subtile et demande une analyse au cas par cas.

Les modalités pratiques de la déduction

Une fois les conditions de fond établies, la question des modalités de déduction et de la preuve des dépenses se pose. La rigueur comptable est ici un atout précieux.

La preuve des dépenses réelles

La règle générale en déclaration contrôlée est la déduction des dépenses pour leur montant réel et justifié. Cela implique de conserver toutes les pièces justificatives : factures de pressings, de laveries automatiques, ou toute autre preuve de service de blanchisserie externalisé. Ces documents doivent clairement indiquer la nature de la prestation et le montant payé. L'absence de justificatifs pourrait remettre en cause la déduction en cas de contrôle.

Lorsque le blanchissage est effectué à domicile, la situation est plus délicate. Il n'existe pas de méthode forfaitaire prédéfinie par l'administration pour ces frais. Il revient au professionnel d'évaluer et de justifier les coûts supportés : consommation d'eau, d'électricité, de lessive, etc. Une estimation basée sur des critères objectifs (nombre de lavages par semaine, coût moyen d'un cycle, prix des produits) peut être admise, à condition qu'elle soit cohérente et précisément documentée. Toutefois, cette approche est souvent scrutée avec plus d'attention par les services fiscaux, et il est souvent préférable de recourir à un service externe si la situation s'y prête pour faciliter la justification.

La vigilance face au contrôle fiscal

Les dépenses d'entretien de vêtements sont fréquemment examinées lors des contrôles fiscaux en raison de la difficulté à établir une distinction nette entre l'usage professionnel et l'usage personnel. Une documentation irréprochable et une justification exhaustive de la nature professionnelle des tenues sont la meilleure des protections. Il est conseillé de tenir un registre détaillé si les dépenses sont nombreuses et d'être prêt à expliquer pourquoi tel ou tel vêtement est considéré comme professionnel.

Anticipation 2026 : Stabilité et rigueur

Les principes fiscaux régissant la déduction des frais de blanchissage en BNC sont ancrés dans une jurisprudence et une doctrine administrative stables. Il n'est pas attendu de bouleversements majeurs pour l'année 2026 concernant ces règles spécifiques. Cela dit, cette stabilité ne dispense en rien d'une application rigoureuse des critères de déductibilité et d'une tenue de pièces justificatives sans faille. L'anticipation consiste ici à maintenir une excellente gestion de ses dépenses et de sa comptabilité tout au long de l'année, préparant ainsi toute éventualité et assurant la conformité fiscale de son activité.